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Le Bon Accueil

ah v’là… Un aut’ jour, un aut’ bar… Pis çuilà, il est temps d’en causer avant qu’il soit moins perrave bicôse que l’taulier ben y s’est mis dans l’bourrichon l’idée de l’nettoyer un peu et même de l’décorer… Bon, j’exagère pasque c’est quand même n’un bon troquet d’chez troquet avec tout l’toutim qui va n’avec. Ouaip, LE BON ACCUEIL, le bistroquet qui n’en porte bien son blaze et qu’on n’est pas déçu. Même qu’si l’boss, Kristoff, y vient d’émerger d’chez Morphée et qu’il est juste en train d’commencer n’à cleaner le raout d’la veille, y vous dira un p’tit grognement sympatoche comme quoi qui faut r’passer après qu’la salle soit n’un peu plus présentab’ et qu’sa caboche puisse n’enfin n’encaisser votre commande (pas au niveau sous que j’cause mais au niveau limonaderie, en gros qu’il ait l’temps de capter c’que vous voulez vous n’envoyer dans l’corridor.) Donc, si pas encore bien réveillé, faudra patienter un chouïa, mais ça, entre popoches, ça s’comprend n’aisément.Alors pour n’aller là-bas, ben fastoche, on descend ses gambettes dans l’bas onzième et on y est. Là n’aussi, heureux coup du n’hasard, la rue Alexandre Dumas est orientée est-ouest , c’qui fait qui fait bon n’aux neurones de s’poser le fondement sur une des quat chaises et deux tables qui font office de terrasse et qui ferait passer celle du Fouquet’s pour une misérab’ tribune de match de foutreballe. À la belle saison, quoi d’plus jouissif que d’s’enquiller son apéro la tronche tournée vers le bas d’la rue pour s’bronzer n’un peu, surtout quand n’on part pas n’en vacances on s’rattrape sur la picole, autant aussi prendre quelques rougeurs pour une fois pas seulement dues à la boutanche.

Pis dans c’te bouge, une fois passé le pas d’porte, y a plein d’choses à y faire. Mais comme vous êtes aussi v’nu pour passer par la case j’veux bien boire un truc steuplaît !, il faut là développer toute vot’ connaissance de saoulard de trocson. Normalement, à c ’ m o m ent, l’cerveau r’mis quelque peu n’en ordre, il passe à la vitesse supérieure… Faut dire que l’patron est en fait un vrai kung-fou du comptoir. Une fois la chaudière en route, faut s’accrocher à son verre. En dehors de ses quatre ou cinq mains en mouvement perpétuel, il peut parfois faire presque un kilomètre et demi derrière le zinc pour arriver à t’servir le kir qu’t’as demandé la veille. Oui, faut d’abord choper un verre parmi les nombreuses sortes de godets, verre à demis, verre à vin, verre à sodas, etc. Comme partout, vous me direz. Oui, mais là, y a l’animation permanente du tenancier : mettons qu’il a mis la main sur le bon verre du premier coup… Il vient vous le poser devant vous. Puis va au bout du comptoir prendre le blanc dans le frigo, à ce moment-là votre concentration doit être à son maximum pour l’empêcher de vous servir un blanc direct alors que vous voulez un kir comme mézigue. « Oups ! Stop, Totoff ! », vous écriai-je donc… « T’oublie la crème pour le kikir ! » « Ah merde, ’scuse-moi ! » Du coup, il pose la boutanche de blanc, reprend votre verre, repart de l’autre côté du comptoir (l’autre bout, pas celui où y avait le frigo pour le blanc, bien sûr). Puis cherche parmi les bouteilles de sirop, celle de la crème de cassis… « Euh, tu préfères mûre ou cassis ? » Oh ben, tiens, cette fois, je vais prendre à la mûre. Bien sûr, en fait, y’en a plus. Bon, cassis. Sauf qu’entretemps il a posé votre verre (toujours désespérément vide) par là-bas, et il revient avec le cassis, regarde le blanc, vous regarde et se rend compte que le verre est abandonné tout là-bas, il prend le blanc, retourne au verre et revient à nouveau puisqu’il avait posé le cassis devant vous. Et normalement, ça loupe pas, il ne revient qu’avec le verre et le blanc aura fait tout le comptoir de bout en bout. Mais au moins, à ce moment, il peut tout de même déjà mettre le cassis dans le verre. Vous commencez à être soulagé de voir un peu de liquide dans votre glass en vous disant qu’ça devient bon… Bien sûr, à c’moment, il reçoit un coup d’fil… Après, ça va plus vite, y a plus qu’à aller rechoper le blanco. Et hop, tout heureux avec son verre, on peut s’coller dehors si qui fait bon ou tâter d’la fléchette avec les aminches et les z’habitués qui traînent dans l’lieu. Je désespère encore de battre certains d’entre eux n’au lieu de recevoir des branlées carabinées, mais j’m’accroche, y z’ont qu’à bien s’tenir, leur heure viendra ! Pis y a aussi d’autres trucs répartis un peu partout, des canards et des bouquins n’à feuilleter et en fouinant un peu, des jeux de société, tu m’auras pas…

Au Bon Acc’, comme qu’on dit dans le langage officiel local, y a aussi souvent des trucs sympatoches, comme des expos de dessins, photos ou autres trucs d’artiss’ dégénérés qu’on adore too much. Pis souvent des p’tits concerts semi-n’acoustiques tout au long d’l’année, voire carrément bruyants certaines soirées moins contrôlées que d’hab’ où qu’les bistrots tombent souvent sous l’coup d’la loi des nuisances citoyennes. Pis, c’qu’est pas mal, c’est que c’cani, il est situé à mi-ch’min n’entre les locaux d’la CNT rue des Vignobles et du CICP rue d’la faute à Voltaire. Forcément, ça aide pour s’finir après une soirée activisto-militantomusicale d’n’aller s’en rej’ter quelques-uns dans la vessie… En plus, ça tombe recta pour elle, la vessie, vu qu’maintenant même les chiottes, elles marchent bien… manque plus que l’lavabo qu’il doit installer pour y a trois ou quatre mois, mais bon du moment qu’ça coule sur le zinc, on peut toujours n’aller s’laver les menottes dans l’caniveau. J’vas vous passer tous les détails croustillants affichés aux murs ou exposés au p’tit bonheur la chance, ce sera la surprise quand vous irez vous-même, suffit de s’poser et de r’garder sur les murs ou en l’air, vous trouverez toujours quelques bêtises qui f’ront s’éclairer vos mirettes. Allez ! pas d’hésitation, on vous l’a jacté franco, y s’nomme Le Bon Accueil ! Ça veut tout dire et, en plus, c’est pas des mensonges de politocards !

Riri d’Ménil | Délégué aux comptoirs de la Commune de Bell’vill’Montant

FICHE TECHNIQUE

Le Bon Accueil 64, rue Alexandre-Dumas, 75011 Paris.
Métropolitain : Alexandre-Dumas ou Avron.
Horaires d’ouverture : avant on savait pas trop, mais maintenant plutôt vers 17 heures et en plus, c’est vrai.
Animations : une exposition différente chaque mois, des petits concerts au chapeau régulièrement, surtout les vendredi, samedi et dimanche, de tout style (chanson, blues, reggae, rock et n’èquecétéra) et les 13 juillet et 31 décembre, y a fiesta plutôt punk, comme ça, on s’tient chaud

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