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Le Bon Accueil

1 novembre 2011

Le Café de la Pente

Plus qu’un lieu un pot commun d’idées

En allant faire un concert de soutien pour les antifascistes russes avec Cartouche, nous avons découvert Le Café de la Pente. C’était l’automne et il pleuvait dans ce coin de Bretagne dans le Morbihan, à Rochefort-en-Terre. Cela n’enlevait rien à la poésie des lieux et le soleil était présent dans l’accueil du lieu et sa disposition : loin d’un bar classique, cette grande maison sur plusieurs niveaux avec sa petite terrasse en pierre propose tout en bas une salle de concert de 200 personnes, un espace de réunion / projection au premier, un bar et surtout une petite épicerie coopérative. On a voulu en savoir plus, par le jeu des questions / réponses, ils nous expliquent leurs choix. Alternatif par sa démarche, ce lieu mérite le détour !

Peux tu nous présenter le lieu ?
Le Café de la Pente est un lieu géré par une association Le Pot commun. Le bar est ouvert à tous et a pour but de créer du lien social entre tous. Nous avons créé une épicerie s’appelant le GASE (Groupement d’Achat Service Épicerie) où l’accès est réservé aux cotisants. Nous avons donc un bar, une épicerie, une salle de concert, une salle d’exposition-conférence- débat et puis des bureaux pour travailler. Le Pot commun héberge également deux associations : l’association Ingalan (une association lié au commerce équitable) et l’association Souliers (une association qui a comme démarche de promouvoir le cinéma amateur dans le milieu rural). Tout ceci fait que nous hébergeons en totalité cinq salariés : trois pour le Pot commun, un pour Ingalan et un pour Souliers.

D’où est venue l’idée d’un lieu de ce genre? A-t-elle évoluée au cours des années de mise en place ?
Le Café de la Pente est né il y a sept ans grâce à un groupe d’amis rochefortais. Après la fermeture de leur bar préféré, ils ont eu l’idée de créer leur propre bar afin de pouvoir se réunir comme ils le voulaient. Les premiers mois ont été dédiés principalement aux travaux dans le lieu, aux recherches de fonds (appels à souscription via un réseau de proches) pour pouvoir débuter l’aventure et la mise en place de l’association Le Pot commun. L’épicerie a été créée bien après (il y a quatre ans). L’idée a bien entendu évolué, le bar s’est avéré être un lien social et un moyen de faciliter la rencontre, mais les projets associatifs se sont développés plus tard. Les associations comme Ingalan et Souliers se sont jointes au pot commun et ont ajouté une autre dynamique à celle du Pot commun.

Pourquoi un lieu « officiel » et pas un squat ?
Tout d’abord, nous gérons une licence 4 (comme un vrai bar !) et nous nous devons d’être rigoureux sur la fidélité des clients si nous voulons continuer cette aventure humaine. Nous ne voulions pas d’un point de vue éthique, former un squat.

Subventions ou non ? Pourquoi ?
Oui, nous avons des subventions de la région (grâce notamment à l’épicerie), de la mairie et du conseil régional (pour les événements extérieurs du Café de la Pente, c’est-à-dire dans Rochefort) et des dons de chacun.

On a vu que le lieu organisait par exemple un concert pour les antifascistes russes : il y a une ligne politique ?
Non, nous n’avons pas de ligne politique, nous laissons la porte ouverte à toutes les discussions et tous les débats. Nous prêtons la salle de concert aux associations et c’est pourquoi lorsque des antifascistes ont voulu organiser un concert de solidarité avec les antifascistes russes, nous leur avons facilité la tâche en les invitant chez nous. Mais cela ne se limite pas à une ligne politique puisque nous avons également invité beaucoup d’autres associations avec des discours politiques différents.

D’aucun.es pensent qu’il est plus facile d’ouvrir un lieu alternatif / militant en campagne que dans une grande ville. Au-delà dela question du coût et de l’espace qu’est-ce que ce préjugé t’inspire ?
Je ne suis pas d’accord avec ça, il existe beaucoup de lieux alternatifs dans les villes et dans les campagnes, c’est peut-être un peu plus vrai sur le militantisme mais c’est la détermination d’une idée qui la fait avancer.

Le lieu est géré par l’asso Le Pot commun : un mot sur ce nom, son choix, son but ?
Le Pot commun a été choisi parce qu’il regroupe plusieurs idées : l’idée du collectif et de la communauté, l’idée du partage. Son but est de créer du facteur de lien social en milieu rural. Il essaye de mettre en pratique l’autogestion d’un lieu.

Activités du lieu ?
Nous avons un bar autogéré autour duquel se greffe des concerts, des spectacles, du théâtre, des conférences-débats, des expositions, des marchés de créateurs…

Peux-tu expliquer le choix d’une épicerie bio coopérative ?
Avant que l’épicerie existe, les adhérents avaient mis en place un groupement d’achat qui a évolué vers l’épicerie. On a souhaité par ce biais promouvoir les producteurs locaux, les produits bios et / ou équitables pour qu’ils soient accessible à tous.

Liens avec la population ?
Le Café de la Pente est ouvert à tout public, et l’association permet d’ouvrir les portes aux rêves créatifs et utopiques de chacun. Nous sommes liés à toute sorte d’individus, de 7 à 77ans, c’est cela aussi qui fait notre force. Nous sortons de nos murs une fois par an lors de l’événement à « Travers Chants », un événement convivial, familial qui dure un week-end.

Liens avec d’autres assos ? Assos bretonnes ? D’autres lieux du même genre ?

Le Pot commun est à l’origine (avec d’autres associations) d’un réseau appelé Caracoles. Ce réseau regroupe près de dix-sept associations venant  de villes avoisinantes comme Questembert, Redon et autres. Cela nous permet de planifier plus facilement nos événements et de nous prêter mains fortes lors des grandes rencontres. Le champ commun à Augan est un lieu alternatif qui a la même démarche que la nôtre. Trémergat café en fait également partie.

Au final selon toi, pourquoi n’y a-t-il pas plus de lieux comme ça dans l’hexagone ? Et comment y remédier ?
Nous ne sommes pas d’accord, le Pot commun accueille régulièrement des personnes qui veulent créer un bar associatif ou un GASE, qui veulent en fait finaliser des projets ressemblant au nôtre. L’idée est de faire essaimer notre expérience et de leur montrer que cela fonctionne ! Comment y remédier ? Réapprendre aux gens l’envie de se rencontrer, de se parler et de débattre sur les différents sujets qui nous concernent. / Ray

 

En savoir plus : www.lepotcommun.com

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