Un acteur de la scène = une liste de 10 morceaux. Pas forcément les meilleurs, les premiers, les mieux joués, mais plutôt la musique qui l’inspire, qu’il aime sans raisons particulières. Le genre de trucs qu’il écoute dans le noir, ou en fin de soirée, chaud comme un marron sur le poêle.
Je ne me rappelle pas la date de notre première rencontre. Sans doute entre deux siècles. Je crois que c’était au Zorba ; un bar de Belleville où ce que Paris comptaient de sharps et de reds attendaient l’avénement d’une nouvelle aube. Toujours est-il que j’ai mis un certains temps à comprendre comment cette petite troupe s’était retrouvée là, à trinquer avec nous. Pensez ! Des graffeurs… Il ne m’était pas venu à l’idée que ces mecs puissent s’intéresser à autre chose qu’au hip-hop. Il y avait RCF, Honet, Pico « Chaos » et, notre sélecteur de la semaine, Poch. Du moins pour ceux dont j’ai le souvenir.
Fort heureusement, mes compères chauves étaient bien plus éveillés que moi en ces temps de brumes alcooliques. Ainsi, Victor et Pâtre, qui avait créé Barricata, eurent vite fait de lier connaissance et d’enrôler quelques-uns de ces messieurs pour égayer les pages du fanzine. Honet et Pico, notamment. Poch, aussi y contribua et réalisa entre autres la pochette du premier album de Ya Basta.
Depuis, Poch n’a pas lâché l’affaire, ni le punk rock. On peut même avancer qu’il est devenu en France son premier illustrateur. Certes, ils sont quelques-uns, des dessinateurs, à s’inspirer de ce mouvement, à le décrire, à le dessine ; Poch s’est semble-t-il donné une tout autre mission. Celui de rendre les musiciens de punk à leur milieu naturel. Poch est un muraliste, un peintre, d’abord, un affichiste. Il est doué, soit. Mais ces collages grandeur nature qui représentent les musiciens ont un truc en plus. En installant ainsi des doubles de papier sur les murs de la ville, il touche à l’essence même des musiciens de sa scène. Fini, les lumières, la scène, le public, retour à la genèse du punk, la rue, rien que la rue. Bref, rien ne sert de théoriser : Ca claque !
Je pourrais vous parler de son label Poch records, des Animals ou de son fameux Kalimuxo, mais je sens que vous avez des fourmis dans les jambes.
Allez, vas-y, laisse toi aller, tout va bien se passer./ Mateo B.
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